Génération You Porn : mythe ou réalité ?
Enquête sur l’influence des nouvelles technologies sur les comportements sexuels des jeunes
 
 
Paris, le 16 octobre 2013. Fellation, sodomie et autres pratiques omniprésentes dans l’univers du X – comme la bisexualité féminine ou l’éjaculation faciale – occupent-elles une place de plus en plus grande dans le répertoire sexuel des jeunes ?
Avec la généralisation du haut débit et des terminaux mobiles qui offrent un accès plus aisé et plus discret au web, observe-t-on une hausse de la consommation de la pornographie et, plus largement, des activités masturbatoires liées à un usage sexualisé d’Internet et de nouveaux moyens de communication comme les smartphones, les webcams ou les messageries instantanées ?
Observateur attentif des différentes formes de sexualités virtuelles, le site de rencontre CAM4 a souhaité en savoir plus sur l’influence des nouvelles technologies sur la vie sexuelle d’une catégorie de la population – les jeunes – qui est de loin celle qui utilise le plus les possibilités de sexualité et de rencontres offertes par Internet. A l’occasion du lancement de sa version française (Cam4.fr), le numéro un des sites de webcam a donc commandé à l’Ifop une grande enquête sur la vie sexuelle des jeunes à l’heure des nouvelles technologies.
Riche en surprises et en enseignements, cette enquête réalisée auprès de 1 000 jeunes âgés 15 à 24 ans montre que les comportements sexuels des jeunes ont profondément changé au cours des 20 dernières années et qu’ils intègrent de plus en plus les nouveaux modes de communication.
 
Les chiffres clés
La comparaison des résultats de cette étude avec ceux des enquêtes de référence réalisées au cours des 20 dernières années (ACSF 1992, ACSJ 1994, CSF 2006,…) met en lumière trois grandes tendances :
1. Un essor des pratiques masturbatoires et de la fréquentation des sites pornographiques
– Une forte hausse de la fréquentation des sites pornographiques
– Les deux tiers des garçons (69%) et près d’une fille sur trois (35%) ont déjà surfé sur un site pornographique
– Le nombre d’hommes de 18-24 ans ayant déjà surfé sur ce type de site est en forte hausse : +30 points en sept ans (à 77%)
– Aujourd’hui, à 15 ans, la moitié (55%) des jeunes âgés de 15 à 24 ans a ainsi déjà vu un film X
 Une généralisation des pratiques masturbatoires, notamment dans la gent féminine
– Près des trois quarts des jeunes (73%) admettent s’être déjà masturbés au cours de leur vie
– Cette activité solitaire reste toujours plus facilement admise par les garçons (88%) que par les filles (58%)
– Cette pratique se banalise toutefois chez les femmes âgées de 18 à 24 ans : + 25 points par rapport à 1992
2. Une sexualité de plus en plus diversifiée et ouverte aux pratiques issues de l’univers du X
– Le répertoire sexuel des jeunes apparaît de plus en plus diversifié si l’on en juge par l’essor de certaines pratiques bucco-génitales (fellation, cunilingus, « 69 »,…) ou anales (sodomie)
– Plus des trois quarts des jeunes ayant déjà eu un rapport sexuel ont déjà essayé la « levrette » (78%)
– De plus en plus de jeunes (79%) ont déjà léché ou sucé le sexe de leur partenaire au cours de leur vie
– La proportion de jeunes s’étant déjà adonnés à la pénétration anale (35%) a doublé en l’espace de 20 ans
– On observe aussi une intégration dès le plus jeune âge de pratiques sexuelles issues directement de la culture porn comme l’éjaculation faciale ou la biffle
– Etroitement associée à l’univers du X, l’éjaculation faciale a déjà été pratiquée par un jeune sur quatre (24%)
– Plus d’un jeune sur trois (36%) s’est déjà adonné à la pratique de la « biffle »
– La pratique de l’anulingus reste moins répandue, que ce soit sous forme active (15%) ou passive (18%)
– Enfin, la tendance à la bisexualité apparaît de plus en plus marquée dans la gent féminine même si le passage du fantasme à la réalité reste plus limité
– 18% des filles de moins de 25 ans ont déjà été sexuellement attirées par une autre fille
– Cette proportion a doublé en 20 ans chez les adolescentes de 15-17 ans (12% en 2013, contre 7% en 1994)
– Le nombre de filles passées à l’acte est toutefois plus limité (10% parmi celles ayant déjà eu un rapport).
3. Une intégration des nouveaux modes de communication dans la vie sexuelle des jeunes
 Un usage d’Internet à des fins sociales et sexuelles de plus en plus développé
– Plus d’un tiers des jeunes de moins de 25 ans (38%) a déjà surfé sur un site de rencontre
– Près d’un quart des jeunes (24%) sont déjà sortis avec des personnes rencontrées par Internet
– Un jeune sur six (17%) a déjà eu un rapport avec une personne rencontrée sur Internet
– Le développement d’activités sexuelles virtuelles via divers outils de communication interactifs
– 24% des jeunes ont déjà eu des conversations érotiques avec quelqu’un qu’ils n’avaient jamais vu en vrai
– 28% des jeunes pourraient faire l’amour virtuellement via une webcam avec leur partenaire
– 8% des jeunes ont déjà visionné gratuitement le show sexuel d’une personne devant sa webcam
 
Le point de vue de l’Ifop
Etroitement lié à l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication, la banalisation de la consommation de pornographie chez les jeunes a considérablement changé leur vie sexuelle en favorisant l’intégration dès le plus jeune âge de pratiques associées à l’univers du X : le contenu de leurs rapports sexuels apparaissant de plus en plus influencé par les codes de la pornographie.
Mais si l’impact le plus visible de ces nouveaux modes de communication est l’essor d’une consommation passive de films x, leur usage ne s’inscrit pas seulement dans une logique de substitut à une vie sexuelle réelle : le nombre croissant de jeunes qui utilisent les ressources du web pour établir des contacts amoureux ou sexuels reflétant un usage de plus en plus actif d’Internet à des fins sociales et sexuelles.
Près d’une douzaine d’années après l’apparition des premiers sites de rencontre en France, leur usage s’est donc largement banalisé dans une jeunesse née ou en tous cas élevée avec Internet dès le plus jeune âge. Dans ce cadre, on observe aussi le développement d’échanges sexuels purement virtuels via des plateformes offrant à des jeunes qui ne disposent pas toujours d’espace propre la possibilité de se livrer à des jeux de séduction ou à des jeux sexuels qu’ils n’oseraient pas réaliser en face-à face.
François Kraus, directeur d’études au Département Opinion de l’Ifop
 
Fiche technique
Etude réalisée par Internet du 3 au 9 septembre 2013 auprès d’un échantillon de 1 021 personnes, représentatif de la population âgée de 15 à 24 ans vivant en France métropolitaine. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas selon des critères liés à l’individu (sexe, âge, situation professionnelle, niveau de diplôme, situation maritale) et à son foyer (profession du chef de ménage) après stratification par région et catégorie d’agglomération.
Précision sur la méthode d’administration utilisée : En raison du caractère intime du sujet abordé, l’Ifop a fait le choix d’une méthode auto-administrée par ordinateur. Celle-ci permet de lever le biais qu’implique la présence d’un enquêteur et de libérer la parole des personnes qui n’auraient pas souhaité aborder certains sujets devant un enquêteur ou en présence d’une personne du ménage si l’entretien se déroulait devant un tiers.
Contacts Presse
CAM4 : Christophe SORET – 06 22 82 40 02 – ousermatrera@yahoo.fr
IFOP : François KRAUS – 01 72 34 94 64 – francois.kraus@ifop.com
 

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